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Les développeurs de jeux vidéo dénoncent des conditions de travail intenables !

Derrière les succès de Fortnite ou Mortal Kombat se cachent des conditions de travail souvent éprouvantes pour les employés des studios qui ont conçu ces jeux, révèle une enquête du site spécialisé Polygon qui a recueilli de nombreux témoignages. 

La réussite de certains jeux comme Fortnite du studio Epic Games et Mortal Kombat du studio NetherRealm a un prix. Les employés qui contribuent à ces succès se plaignent de plus en plus de conditions de travail particulièrement éprouvantes. C’est ce que révèle une enquête du média spécialisé Polygon qui a pu s’entretenir avec une douzaine de salariés ou ex-salariés de l’américain Epic Games.

Victimes du « crunch »

Le phénomène Fortnite aurait ainsi bâti une partie de sa réussite sur le dévouement de ses développeurs. Ces derniers sont victimes du « crunch », cette période d’intense activité pour sortir un jeu ou une mise à jour. Or, le succès de Fortnite repose sur des mises à jour perpétuelles pour nourrir l’appétit des joueurs.

« Nous travaillons de cinquante à soixante heures par semaine, parfois soixante-dix », explique un ancien employé. D’autres auraient même travaillé jusqu’à 100 heures certaines semaines. « Prendre un week-end est une grande victoire » raconte l’un d’eux. Certains évoquent aussi la culpabilité de ne pas venir travailler le samedi et la peur d’être viré si les objectifs ne sont pas atteints.

Interrogé par le site, Epic Games explique que les surcharges de travail restent « extrêmement rares ». L’entreprise précise qu’elle a multiplié par deux le nombre d’employés depuis le lancement de Fortnite Battle Royale. Mais trouver du personnel compétent prend du temps.

Un syndicat international des travailleurs du jeu vidéo

Le cas Fortnite n’est pas une exception. La période de crunch de Mortal Kombat 9, jeu sorti en avril 2011, aurait ainsi duré plus de quatre mois. « J’ai pris un seul jour de repos entre le 1er janvier et le jour où le premier patch a été approuvé. C’était un dimanche, et c’était mon anniversaire, alors on m’a laissé rester chez moi, à condition de rester joignable », a témoigné un ancien employé du studio NetherRealm sur Twitter. « J’ai “crunché” pendant quatre mois d’affilée, à raison de 90 à 100 heures par semaine », a renchéri un autre ancien du studio au site spécialisé PC Gamer.

D’autres éditeurs ont été épinglés pour les conditions de travail de leurs employés comme Rockstar Studios, Riot Games ou Telltale Games, souligne Le Monde. A bout, les employés ont donc décidé de s’organiser pour faire valoir leurs droits. Un syndicat international des travailleurs du jeu vidéo, Game Workers Unite, a ainsi vu le jour en 2018.

Martin Debrunne

Martin Debrunne

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